5 sept. 2014

Fragile cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine

Kiev et les sécessionnistes ont signé vendredi à Minsk un « protocole préliminaire » censé faire taire les armes. Un cessez-le-feu, deuxième tentative de ce type depuis le début du conflit militaire dans le Donbass, a été annoncé vendredi soir à Minsk, la capitale biélorusse. Les membres du groupe de contact, qui réunit des représentants russes, ukrainiens et occidentaux, ainsi que deux chefs rebelles, ont signé un accord destiné à faire taire les armes. Celui-ci prévoit le maintien des belligérants sur leurs positions acquises, un échange de 2000 prisonniers et l'octroi d'une aide humanitaire, qui pourraient débuter samedi, ainsi que le retrait des armes lourdes. Les modalités d'ouverture d'un couloir humanitaire devraient être rediscutées lundi. L'OSCE sera chargée de veiller au respect de ces engagements. Le précédent cessez-le-feu, qui datait du 23 juin et était inspiré par Petro Porochenko, avait été violé à de multiples reprises. Deux mois et demi plus tard, la situation a changé. Le président ukrainien est fragilisé par les revers militaires enregistrés par ses troupes, ce qui l'oblige à des concessions. L'opinion publique se déclare également lassée du conflit. «La vie humaine est ce qui a le plus de valeur. Nous devons faire l'impossible pour mettre fin à ce bain de sang et aux souffrances de la population», a plaidé le chef de l'État tandis que le Kremlin appelait à respecter «point par point» l'accord de trêve. Néanmoins, des doutes subsistent quant à la capacité de Porochenko d'imposer un cessez-le-feu à ses alliés politiques à Kiev. «Ce n'est pas lui qui mène la guerre, mais le gouverneur de Dnipropetrovsk, Igor Kolomoïski», accuse l'analyste militaire russe Evgueni Boujinski. Bête noire du Kremlin, cet oligarque ukrainien finance ses propres bataillons armés dans le Donbass.

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